Urwerk UR105 TA

UR-105 TA, le bouclier protecteur d'Urwerk

Sous le cache guilloché de sa nouvelle pièce, Urwerk revisite les heures satellites qui ont fait son succès depuis 18 ans. Premières impressions avec cette Urwerk Knight au poignet.

Par Marco Cattaneo
Journaliste

Nous sommes attablés à l'une de ces terrasses magiques qui dominent le Léman, du côté de Lausanne. La chaleur est écrasante et le repas nécessairement léger: dans le tube du thermomètre, le mercure a atteint ces zones où l'on préfère la salade verte aux viandes en sauce. Les mots qui viennent le plus spontanément à l'esprit sont "farniente" et "vacances", mais ni l'un ni l'autre ne sont appropriés, c'est bien d'un repas d'affaires qu'il s'agit.

Urwerk UR-105 TA Urwerk UR-105 TA au poignet

Nouvelle manière de lire l’heure?

«Quelle heure est-il?» demande l'un des convives que son agenda inquiète. Je jette un œil à mon poignet, regarde à nouveau, un peu décontenancé par l'affichage de cette UR-105 TA que je ne porte que depuis ce matin. Réfléchir encore, ou répondre rapidement? J'opte pour la deuxième solution: «A peu près trois heures.» Et voilà.

Je porte un concentré de technologie, une montre dont les finitions main rivalisent avec la précision industrielle des CNC qui en ont usiné les composants au micron près, une montre qui affiche ses heures satellites, signature emblématique d'Urwerk pratiquement depuis la fondation de la marque, et je réponds «A peu près trois heures.»

Urwerk UR-105 TA black Urwerk UR-105 TA black orange

La faute à cet affichage original qu'il me faudra encore quelque temps pour apprivoiser: l'heure y est donnée par quatre satellites portant chacun trois index traités SuperLuminova, qui défilent le long du rail des minutes, installé au bas du cadran. En ce moment, le 2 des heures est tout à gauche, en face du 59 des minutes, alors que le 3, installé sur le satellite suivant, est déjà bien visible à droite, juste avant le 0 des minutes, prêt à prendre le relais et à entamer sa course le long du rail des minutes. Un brin de confusion visuelle dont l'habitude viendra vite à bout.

Matériau ultime et cher

J'observe la montre de plus près. Comme tous les modèles de la marque, elle a son petit surnom: c'est une «Urwerk Knight» dans sa version titane/acier. Elle existe aussi avec un mariage titane/or rouge et, de façon plus surprenante, dans deux versions acidulées, «Black Orange» et «Black Lemon

Urwerk UR-105 TA Black lemon Urwerk UR-105 TA black lemon

Le boîtier oblong - 53 millimètres sur un peu moins de 40 - est impressionnant, avec son saphir à la découpe si particulière. L'ensemble évoque bien ce bouclier protecteur décrit dans le communiqué de presse, et justifie pleinement l'appellation "Knight", "chevalier" en version française.

Mais ce qui arrête vraiment le regard, c'est le cache guilloché et ajouré qui occupe le centre de la pièce. Il est là pour masquer les satellites qui ne sont pas utiles à la lecture de l'heure, mais en laisse pourtant deviner la présence en révélant de petites parties d'index. Il est réalisé en polyétheréthercétone, un matériau dont Wikipedia m'apprend qu'il existe depuis une quarantaine d'années, qu'il est plutôt cher et qu'il est utilisé notamment dans les prothèses cervicales. Mais je soupçonne Urwerk d'avoir été séduit par son acronyme, PEEK, autant que par ses propriétés. "To peek", en anglais, c'est jeter un œil, comme on peut le faire sur ces satellites que le cache masque ou révèle. Le contraste entre le guillochage, décoration horlogère traditionnelle, et les angles plutôt durs de la pièce fonctionne lui aussi très bien.

Urwerk UR-105 TA Urwerk UR-105 TA black lemon

Mécanisme astucieux

Les heures satellites avaient fait le succès de la UR-103, lancée en 2003 et produite pendant sept ans dans différentes versions, tantôt sertie et tantôt revêtue d'une carrure qui imitait la tôle des Junkers, ces avions mythiques qui avaient fait les belles heures de l'aviation allemande. Sur l'UR-105 TA, le système a évolué, le carrousel est dissimulé sous les satellites et la croix orbitale qui les reliait par le dessus a disparu. La pièce y gagne en élégance et sa mise à l'heure en fluidité. Au dos de la montre, un levier commande la résistance des deux turbines et détermine ainsi le mode de remontage, d'automatique à manuel en passant par un stade intermédiaire qui permet de limiter la tension qui s'exerce sur le ressort de barillet. Urwerk avait déjà mis en scène ce système astucieux sur d'autres de ses pièces mais l'élégance et l'originalité de la solution technique restent intactes.

Urwerk UR-105 TA black orange Urwerk UR-105 TA black orange

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