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Le Grand Prix de Genève 2016, interviews de deux acteurs majeurs

L’un est Président du Jury, Aurel Bacs, un as des enchères. L’autre, Claude Sfeir, est un collectionneur - l’un des seuls à se montrer à visage découvert - puissant autant que passionné. Questions croisées.

Par Joel Grandjean
Rédacteur en Chef
Par Laetitia Artal

Tandis que grouillent déjà les attentes d’un public de connaisseurs auquel se mêle une brochette de tout ce que la Genève officielle compte de politiques, d’acteurs économiques voire de people, les 27 membres du jury se sont réunis le dimanche 6 novembre 2016. Au menu, des délibérations, des opinions partagées, des partis-pris, et, en filigrane cet énorme effort pour tenter de garder la tête froide, de ne pas se laisser influencer par l’incroyable atmosphère alentours, peuplée de pronostics, de pressions communicantes et de fièvres contaminantes. 

Le jury du GPHG 2015 avec Aurel Bacs et Claude Sfeir

Jury pluriel au coeur de tous les enjeux

Il faut dire que les enjeux sont de taille. Car la vitrine de cette manifestation de fin d’année, a été sans cesse lustrée et affinée depuis l’arrivée de Carlo Lamprecht à la Présidence de la Fondation en charge de son organisation et de son rayonnement. Elle permet aux montres lauréates, 12 élues - une par catégorie - sur 72 montres issues d’une sélection de 170 environ, auxquelles s’ajoutent de très enviées distinctions -17 en tout- dont «L’Aiguille d’Or», la plus prestigieuse, le «Prix du Jury» ou le «Prix du Public», de circuler dans le monde entier, à la conquête d’une notoriété et d’une reconnaissance à nulles autres pareilles. Il y a les expositions d’avant la cérémonie 2016, celles de Séoul, de Rome et de Genève (du 3 au 12 novembre), puis il y a la tournée triomphale qui se tiendra des 16 au 19 novembre 2016 à Dubai, point d’orgue de la Dubai Watch Week orchestrée par un distributeur d’horlogerie local, la société Ahmed Seddiqi & Sons.

Quant au jury 2016, il est comme à son habitude, professionnel, hétéroclite, international. A noter une présence féminine renforcée, incarnée notamment par la célèbre créatrice de mode Chantal Thomas ou la Monégasque Tina Zegg. A souligner également l’incroyable panel des professions liées à l’horlogerie ou au luxe qui en font partie: agents de marques, distributeurs historiques, collectionneurs, journalistes spécialisés, créateurs en tous genre et experts reconnus. Deux d’entre eux offrent leur regard sur cette incroyable grand-messe dont ils contribueront à faire la pluie et le beau-temps. Leur tour du GPHG en trois questions.

AUREL BACS, PRESIDENT DU JURY

Votre implication reste entière, quel regard portez vous sur la sélection 2016 en tant que Président du Jury?

Je trouve toujours fascinant de voir combien de marques rejoignent le GPHG année après année comme je regrette celles qui quittent. L’année 2016 est intéressante pour deux raisons: le nombre de créateurs et horlogers indépendants, les marques et les complications, la seconde est le constat d’une tendance qui tire vers l’intemporel. Je suis heureux et optimiste sur le millésime 2016!

De nouveaux membres ont rejoint votre jury en 2016, notamment plus de femmes. Quelles sont les recommandations que vous faites à ces nouveaux membres, quelles sont celles que vous faites à ceux qui étaient déjà là l’année dernière?

Pour ce qui est du Jury, comme dans une bonne démocratie, plus il y a de votants meilleur est le résultat. Peu importe si ce sont des hommes sont ou des femmes! Ce qui est important c’est que le jury soit professionnel, neutre et authentique. C’est en particulier ce dernier point que je rappelle aux membres du jury au début de la séance: «restez vous-mêmes et de ne soyez pas influencés par des tiers».

Les montres en compétition vont faire partie d’une exposition itinérante. Quel est selon vous l’impact d’une telle exposition?

Le GPHG est l’ambassadeur de toute l’horlogerie de qualité, ses expositions dont une partie est organisée avant mais aussi après, aident à  communiquer avec le monde entier et peuvent transmettre le savoir-faire la passion, et la beauté de la Haute Horlogerie aux quatre coins de la planète.

CLAUDE SFEIR

Vous êtes connu comme un grand collectionneur d'horlogerie, toutefois vous possédez une expertise joaillière. En quoi cette expertise vous est-elle utile dans les choix et les options que vous prenez?

My expertise has given me a broad view of the market, its developments and expectations. It makes me better informed in my choices and, of course, my critical eye tends to go more for watches with jewellery-type details.

Quel regard portez-vous sur la sélection 2016?

La sélection 2016 est à la fois variée si l'on considère les différents styles représentés, les techniques utilisées et le positionnement des marques, elle est également homogène et représentative de l'excellence suisse dans le secteur de l’horlogerie.

Cette année il y a plus de femmes dans le jury. Quel enrichissement leur présence apporte-t- elle au verdict final?

Il me semble que les femmes sont plus dans l'émotion lorsqu'elles analysent une montre. Elles s'attachent moins à des détails mais perçoivent l'harmonie d’une pièce dans son ensemble en tenant compte de la technique autant que du design.

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