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La Speedmaster s’offre un jubilé spatial

Le 9 mai 2017, Omega célébrait à New York les 60 ans de la Speedmaster. Hommage aux pionniers de la conquête spatiale avec l'astronaute Thomas Stafford, qui ne s’était jamais départi de ce garde-temps en apesanteur…

Par Josh Shanks
Rédacteur Etats-Unis

Astronaute de la NASA, Thomas Stafford a effectué plusieurs missions spatiales à bord de Gemini, Apollo et Apollo-Soyouz, vol américano-soviétique.

L’épopée spatiale du général Stafford débute en 1962, lorsqu’il fait partie de la sélection du programme de la NASA. Trois ans plus tard, il se retrouve aux commandes de Gemini 6 et marque l’Histoire avec le premier rendez-vous orbital. En 1966, avec Gene – Eugène – Cernan, il reprend les commandes de Gemini 9. Commandant d’Appolo 10 en 1969, Thomas Stafford défriche la voie qui mène à la Lune. Il a également été le commandant du premier vol Apollo-Soyouz. Cet exploit avait abouti à une rencontre orbitale entre astronautes et cosmonautes. Quatre missions spatiales figurent à son palmarès.

David Cisco présente le héros Thomas Stafford

«Avant de poser des questions sur ses exploits à mon ami le Général Stafford, laissez-moi vous parler de ce que fut ma ‘vie spatiale’: j'ai commencé en 1968 dans l’ingénierie au sol de la NASA à Houston. Avec le module lunaire, je travaillais sur les tests de simulation au sol. J’ai eu l’opportunité de décrocher plusieurs distinctions dont le ‘Skylab Emergency Thermal Shield Development Team Award’ et le ‘Silver Snoopy Award’. Pour rappel, Omega a remporté le Snoopy Award en 1970. J’ai reçu cette récompense des mains d’Alan B. Shepard, le quatrième homme à avoir marché sur la lune.»

«Par ailleurs, le général Stafford est diplômé de l'Académie navale des États-Unis, un des majors de sa promotion. Il fait partie de la deuxième promotion des astronautes. Général trois étoiles, il est récipiendaire de cinq doctorats Honoris Causa et autres distinctions et reconnaissances nationales et internationales dont la liste serait trop longue à énumérer. Mais je dois mentionner son rôle éminent dans quatre missions importantes: Gemini 6 en 1965, un des premiers rendez-vous dans l'espace. Egalement commandant sur Gemini 9 en 1966, un rendez-vous stratégique pour Apollo. Puis, en mai 1969, il a volé autour de la lune. Sa dernière mission fut celle d’Apollo-Soyouz. Avec en point d’orgue, la première poignée de main spatiale entre un Américain et un Soviétique. Alexey Lenov, qui reste à ce jour un de ses meilleurs amis.  S’en est suivi six rencontres de ce type. Un sacré challenge ! L’astronaute américain a passé 507 heures et 43 minutes dans l'espace, il est habilité à piloter quatre engins spatiaux différents. C’est un héros américain. Moment d’histoire avec le général Stafford.»

Thomas Stafford:C’est tout simplement génial d'être ici ce soir parmi vous pour le soixantième anniversaire de la Speedmaster. Ce garde-temps m’a toujours accompagné dans l'espace. Du reste, Omega a reçu le Snoopy Award en hommage à l’odyssée de l’équipage d'Apollo 13. A bord de ce vaisseau spatial, il y avait eu une panne électrique. Tout ce dont nous disposions était un récepteur radio, nous avons dû utiliser le module lunaire pour les manœuvres, mais sans possibilité de nous guider. Grâce à la montre Omega, l’équipage a pu trouver la direction de la Terre, et calculer la durée nécessaire du retour. Probablement l’un de nos plus beaux moments dans l'espace. C’est pour toutes ces raisons qu’Omega a reçu le Silver Snoopy Award.

David Cisco: Vous avez terminé votre carrière comme commandant de Gemini-9, parlez-nous de cela?

General Stafford: En fait, je suis passé de l’équipage de réserve à celui en première ligne. Et puis, nous avons incorporé Jim Lowel et Buzz Aldrin, les doublures d’Appolo 12 pour Genini-9. Ils étaient en quelque sorte nos anges gardiens lors de nos travaux dans l’espace. 

DC: Gene Cernan était votre pilote sur cette mission, il a également été partie prenante d’Apollo 10 en 1969. Il était l’un de vos amis. Nous sommes allés récemment à ses funérailles mais son nom restera gravé dans nos mémoires. Général, vous avez parcouru un peu plus de 386’000 kilomètres pour vous arrêter à 12 kilomètres de la Lune. Certes, cela faisait partie de votre mission, mais je ne suis pas le seul dans cette salle à le penser. Pourquoi si près du but s’arrêter?

TS: :Il n'a jamais été question de remettre en cause cette décision. Aucun regret. Ces vaisseaux spatiaux étaient réellement lourds et les modules lunaires, sorte de radeaux de sauvetage, représentaient une sacrée surcharge. En raison de notre poids considérable, il nous était impossible d’alunir. Et j’étais loin d’être un kamikaze. Deux minutes plus tard, grâce à un module léger, Neil Armstrong a pu effectuer les douze derniers kilomètres, lorsqu’il a aluni, il lui restait 17 secondes de carburant seulement. Pour ma part, il n'y avait aucun moyen pour moi de descendre, je prenais le risque de finir à court de carburant.

DC: Vous n’avez pas marché sur la Lune, mais vous avez ouvert la voie pour les douze astronautes qui ont marché sur cette planète. En 1975, Soyouz-Apollo fut leur dernière mission. Ce fut la poignée de main historique avec le commandant soviétique Alexey Lenov, l'un de vos meilleurs amis par la suite.Aujourd’hui, vous avez deux filles et adopté deux fils en Russie. Vos impressions sur ce rapprochement spatial mémorable?

TS:Début des années 70, la guerre froide est à son apogée. Les présidents Nixon et Brejnev amorcent la détente des relations entre les deux puissances en signant à Moscou le 22 mai 1972, des accords sur le domaine militaire, économique et culturel. Avecce rendez-vous orbital entre les vaisseaux Apollo et Soyouz en 1975, ces deux chefs d’Etat ont écrit une page d’histoire. Cet exploit restera un événement précurseur grâce à la mise en commun des technologies mais pas seulement! L’image de rapprochement des deux vaisseaux a fait le tour du monde. La plus grande réussite de cette mission fut également politique. L’opinion publique des deux camps a pu réaliser que Soviétiques et Américains pouvaient trouver des sujets d’entente. Montant de l’opération, 250 millions de dollars pour les deux pays. Dans un autre registre, j'avais besoin d'un professeur de russe pour communiquer avec mes pairs russes. Cet enseignant est du reste aujourd’hui présent parmi les convives. Malgré mon fort accent d’Oklahoma, il a réussi à m’enseigner cette langue magnifique. Il s'avère que son fils est né le jour de mon anniversaire et c’est aujourd’hui mon filleul. Avec le commandant AlexeyLenovdu vaisseau Soyouz, j’ai eu de très bons rapports, nous n'avons jamais parlé de politique, seul le travail primait. Nous avons procédé à une série de tests avec les pilotes soviétiques.

David Cisco: Pour conclure cet entretien, j’ai une anecdote au sujet de la Speedmaster. A Houston, j’avais pris une photo assez cocasse de Gene Cernan, le dernier astronaute à marcher sur la Lune. Cette photo le représentait posant devant un immense panneau d’affichage de la Speedmaster. J'avais essayé de le convaincre de bien mettre en évidence sa montre. J’avais comme une prémonition que tous les membres de l’équipage porteraient à leur poignet une Speedmaster pour conquérir l’espace.

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