Fabienne Lupo
SIHH

Interview Fabienne Lupo : « SIHH 2019 : une excellente cuvée »

A la tête de la Fondation de la Haute Horlogerie depuis 2010, Fabienne Lupo contribue au rayonnement de cet art horloger qui fait rêver tant de passionnés à travers le monde. Watchonista a recueilli ses impressions à la fin des quatre jours intenses de cette 29ème édition.

Par Benjamin Teisseire
Contributeur

Watchonista : Bonjour Fabienne, le dernier jour s’achève, comment vous sentez-vous et quelles sont les tendances de cette nouvelle édition ?

Fabienne Lupo : Je suis en pleine forme comme vous (rires). Le salon a été très intense et dense. Les retours sont excellents tant des maisons exposantes que des visiteurs professionnels et particuliers. La fréquentation est en hausse de 15% avec plus de 23'000 personnes en 4 jours, 1400 journalistes du monde entier et plus de 3'000 amateurs passionnés pour la journée ouverte au public. La nouvelle formule condensée fonctionne et la Haute Horlogerie se porte bien. Pour la première année, le nombre de clients finaux et VIP a dépassé celui des professionnels. Le salon reflète parfaitement l’évolution de notre industrie qui s’ouvre à de nouvelles audiences. Notre rôle avec le SIHH est de faire cohabiter tout le monde et de sensibiliser la plus large audience possible, en particulier les jeunes générations, qui sont nos clients du futur. Les initiatives telles que l’Auditorium LIVE et le LAB ont fortement contribué au plus de 380'000 posts du #SIHH2019 (chiffre au 18.01 matin) et toutes les innovations présentées sont aussi là pour susciter les vocations du futur et montrer à quelque point l’horlogerie est à la pointe de ta technologie.
 

W : Le SIHH se développe donc bien depuis 10 ans. Comment allez-vous poursuivre cette croissance ?

Fabienne Lupo : Merci de mentionner cet aspect positif que l’on a tendance à un peu oublier en n’évoquant que les « challenges » de l’industrie. Pour nous le but est clair : continuer à transmettre un message cohérent et clair pour faire rayonner la haute horlogerie mondialement. Le principe reste le même. Nous sommes un média, au sens littéral du terme : nous mettons en rapport toutes les audiences de l’industrie. Le format s’adapte aux changements structurels (distribution, cibles) et aux modes de communication de plus en plus digitaux. Le salon est un formidable endroit pour perpétuer la dimension humaine des échanges. Nous l’avons vu avec l’engouement pour le forum et les conférences, retransmis en streaming Live par de nombreuses télévisions ; de même qu’au LAB où les innovations telles que l’artisanat augmenté ont connu un succès impressionnant. Le reach global du SIHH 2019 est à ce jour de 260 millions de personnes à travers le monde. C’est prodigieux. C’est là notre vraie mission et nous continuerons de trouver les meilleures solutions pour préserver l’exclusivité du salon de Genève tout en développant son ouverture. C’est un chemin délicat mais je pense nous y arrivons assez bien jusqu’ici.
 

W : La FHH va-t-elle relancer les éditions locales, en Asie, aux US ou ailleurs ?

Fabienne Lupo : Nous voyons clairement que la formule B to C plait énormément. La demande est forte sur ces marchés très importants. De nombreuses idées sont à l’étude. Watches & Wonders à Miami fonctionne très bien. L’Asie ne peut pas être oubliée et ce ne sera pas forcément à Hong-Kong. Vous en saurez plus certainement très bientôt.
 

W : L’absence de Van Cleef & Arpels cette année et l’annonce des départs de Audemars Piguet et Richard Mille en 2020 ont fait grand bruit. Quel impact pour le SIHH ?

Fabienne Lupo : Il est trop tôt pour parler d’impact, mais bien entendu cela nous chagrine. Mais c’est leur décision. Leurs stratégies leur appartiennent. Certains partent, d’autres arrivent ou reviennent. Nous sommes très heureux d’avoir retrouvé Girard-Perregaux, Ulysse Nardin. De voir revenir Bovet et d’avoir Hermès à nos côtés. Il s’agit de la vie normale des salons. Nous verrons quelles autres surprises vont arriver.
 

W : Autre sujet chaud du moment, le rapprochement des dates du SIHH et de Baselworld. Comment voyez-vous cette concentration dans le temps ?

Fabienne Lupo : Il ne faut pas oublier que les deux salons étaient ensemble pendant des années. Cela ne fait que 10 ans qu’ils sont divisés. L’industrie change rapidement et de nouveaux challenges pointent. Le but de ce rapprochement est évidemment de simplifier la vie des acteurs. Nombreux sont ceux qui nous en remercient déjà. L’agenda que nous avons fixé pour 2020 à 2024 est cohérent pour les marques aussi. En effet, le « time to market » - le temps pour les nouveautés pour arriver sur les marchés – sera meilleur. Le deuxième avantage est que ce regroupement va encore amplifier la voix commune de l’horlogerie. C’est notre but à tous. A vous aussi d’ailleurs. (Rires). Après tout, c’est l’amour de la belle horlogerie qui nous rassemble et que nous voulons perpétuer, transmettre et développer.
 

W : Merci Fabienne pour ces mots très clairs et justes. J’espère que vous pourrez vous reposer un peu ce week-end.

Fabienne Lupo : Merci à vous et j’y compte bien !

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